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Nanuq
 
Photo François Tamone

 


Evènements en novembre (19 novembre 2018)

Société Géographique d'Italie, Rome
Mardi 27 Novembre 2018

Résultats scientifiques et perspectives géographiques.

Le programme

 

Musée d'aviation Vigna di Valle, Rome
Mercredi 28 Novembre 2018

Workshop historico-scientifique à l'occasion du 90ème anniversaire de l'expédition Nobile au Pôle Nord.

Le programme

 


Mise à jour : science à bord (13 novembre 2018)

Le passive igloo se propose comme support logistique, camp de base et laboratoire flottant à des étudiants et chercheurs motivés par un intérêt pour la recherche dans les régions arctiques, que ce soit lors de séjours scientifiques à des endroits autrement inaccessibles, en navigation lors des convoyages ou durant l'hiver pendant lequel le bateau est stationnaire, pris dans la glace.


Visite de lieux autrement inatteignables, un support logistique idéal pour la recherche arctique (photo Alain Berthoud)

L'inventaires des projets scientifiques réalisés depuis 2015 est désormais disponible sur cette page...


Wintercamp à Fjordcamp (29 octobre 2018)

La saison touche à sa fin. Nanuq attend de nouveaux projets à venir. Si vous avez envie de rejoindre l'aventure, contactez-nous > contact...

Au terme d'une brève navigation automnale, Nanuq a gagné son camp d'hiver dans les éblouissantes Vesteralen, non loin des îles Lofoten. La première glace recouvre les fjords, le ciel est clair et si le soleil bas réchauffe encore à midi, les nuits sont croustillantes avec des températures avoisinant les -10°C.


Lever de lune au dessus des sommets fraîchement enneigés (photo Peter Gallinelli)

Nous sommes chaleureusement accueillis à Fjordcamp où notre place est réservée pour passer l'hiver. Le site est bien organisé avec des cabanes confortables et douches chaudes. L'accueil est très chaleureux. Nous sommes étonnés de ne voir aucun visiteur en cette saison de changement si extraordinaire.


Fjordcamp vu depuis la colline qui surplombe le fjord (photo Peter Gallinelli)

Après cinq jours de calme et soleil, il neige. Nanuq attendra les aventures et projets de la saison prochaine. Il compte sur vous!


Nanuq rangé et amarré pour l'hiver à fjordcamp.no (photo Peter Gallinelli)

en savoir plus ...

A bientôt, Peter


Le 'passive igloo', explications (08 octobre 2018)

Images: Peter Gallinelli, Kalle Schmidt, Dorothée Adam Réalisation: Dorothée Adam


Un modèle 3D pour Virgohamna (24 septembre 2018)

Le modèle 3D du site historique de Virgohamna vient d'être publié par Gianluca Casagrande, géographe de l'expédition. Réalisà à l'aide de survols de drone et d'un logiciel de restitution en 3D dédié, ces images en haute résolution donnent un aperçu détaillé du site aujourd'hui protégé et dont l'accès est strictement réglementé.


Restes des expéditions polaires Andrée et Wellman (image Gianluca Gasagrande)

En haut à droite on reconnait le hangar de l'expédition du ballon de S.A. Andrée, construit à l'occasion de sa tentative fatale de survol du pôle en montgolfière en 1896-97. Les restes au centre sont celles du hangar de dirigeable construit, mais jamais achevé par Walter E. Wellman en 1906. Ce lieu, aujourd'hui redevenu calme et sauvage au nord-ouest de l'archipel du Svalbard etait jadis le tremplin de la conquête du pôle.


Photos d'archive de l'expédition Andrée

Des publications sont en préparation. Un fichier kmz peut être obtenu sur demande à l'auteur au GREAL.


CERN photo exhibition (21 septembre 2018)

Accès visiteurs au site du CERN sur inscription @ polarquest2018.org


PCBs Arctiques à l'ICCE (18 septembre 2018)

Durant les expéditions 'Nanuq' (Passive Igloo Project en 2015 et 2016 au Groenland, au Groenland et en Islande en 2017 et Polarquest 2018 au Spitzberg en 2018) les polychlorobiphényles (PCB) ont été échantillonnés dans l'atmosphère et dans l'océan pour le compte du LCME de l'université Savoie Mont-Blanc.

L'analyse en laboratoire de ces molécules captés dans des absorbeurs passifs a permis de déterminer les concentrations de PCB gazeux dans l'air et de PCB dissous dans l'eau de mer, puis de déterminer leurs modes de diffusion. Cest travaux ont été présentés à la 16ème conférence internationale sur la chimie et l'environnement à Oslo, ICCE 2017.

Poster:
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Résumé écrit


Status Seminar 2018 (7 septembre 2018)

Invité à l’EPF de Zurich au Status Seminar 2018, le Passive Igloo clôture deux journées de conférences et de débats ayant comme thème central la résilience ... Augmenter la capacité d’adaptation et de développement du parc immobilier suisse.

La conférence s’adresse aux spécialistes de l’industrie, aux bureaux d’ingénieurs et d’architectes ainsi qu’aux chercheurs et aux autorités. Durant les deux jours pendant lesquels se déroule l’événement, des informations sur l’avancement de la recherche à ce propos seront présentées. De plus, des exemples de la pratique seront évoqués pour faire état des problématiques et expériences auxquels les professionnels sur le terrain sont confrontés.

Le 20ème séminaire sur l’état de la recherche a lieu les 6 et 7 septembre 2018 à l’EPF de Zurich.

Lien http://www.brenet.ch


2018 étape 15 - Mer de Barents (1er septembre 2018)


Dessin Mathilde Gallinelli-Gonzalez

Fin d’une étape importante et du projet PolarQuest2018. La circumnavigation de l’archipel est bouclée avec succès. Durant ces trois semaines Nanuq a été un véritable laboratoire itinérant, emportant personnes et matériels, allant à la recherche du microscopique (rayons cosmiques) au macroscopique (relevés géo- et hydrographiques), dans la tradition ancestrale de découverte du monde. Il reste encore beaucoup à découvrir.


Retour de Nanuq à Longyearbyen: 66% d'équipage, 33% de bateau, 1% de chance (photo Ludovico Machet)

Une escale technique et changement d'équipage à Longyearbyen et nous voici repartis, pour le Sud, définitivement. Pour la seconde fois cette saison, nous mouillons notre ancre dans les fonds de Hornsund, le magnifique. Nous passons la brève nuit qui a fait son retour au pied d’un front de glace. Nous resterions encore une semaine à explorer les fonds du fjord, ses glaciers, ses montagnes vertigineuses et interdites, sa faune… mais la fin de l’été s’annonce et la prévision d’une météo favorable est une occasion à ne pas manquer. Nous disons ‘au-revoir’; à quand ? comment ?


Hornsund, glacier en train de vêler (photo François Tamone)


La glace fond; comme presque à chaque visite d'un front de glace, celui-ci est en retrait par rapport aux cartes nautiques. Notre route est indiquée en rouge (extrait carte électronique du Svalbard)

La traversée de 350 milles qui nous sépare de la Norvège offre la possibilité d’une escale sur Bjornoya, l’île aux ours. Après un début de traversée par calme plat, le vent s’installe pour monter en brise, puis en vent frais. Avec une mer agitée par une houle croisée, les moins aguerris ne tardent pas à se retirer en attendant l’escale de l’île que nous atteignons le lendemain. Sorhavn s’avère relativement bien protégé et d’une sauvagerie absolue.

L’attente de la nuit sera payante ; au réveil, le ciel bas, venteux et pluvieux a laissé la place à un soleil radieux qui nous laisse découvrir le décor sous un jour nouveau, spectaculaire. La pointe sud est vertigineuse, battue par la mer. La découverte d’une épave laisse imaginer cette cote fascinante et inhospitalière par gros temps. Ce n’est pas un endroit pour les hommes.


L’île aux ours - Bjornoya (photo François Tamone)

Nous laissons l'île dans notre sillage, cap au Sud, pour le Kapp Nord, distant de 220 milles. Au départ calme, le vent va progressivement monter en force pour s’établir en vent frais (6 Bft) du SSE, exactement de là où nous voulons aller. Nous tirons un grand bord. Nanuq taille sa route dans une mer formée sous foc et grand-voile arrisée. Ce n’est pas confortable, mais nous faisons une route formidable. Un jour plus tard, la côte est en vue et en fin de journée nous mouillons notre ancre à Tufjord, non loin du ‘sommet’ de l’Europe. Quel plaisir de retrouver le calme après les journées de houle, juste à temps avant la nuit qui est de retour, 5° plus au Sud.

Contrastant avec le climat arctique du Svalbard, nous retrouvons la douceur d’un été indien splendide. Nous sommes chaleureusement accueillis par les habitants de ce ‘bout de monde’, une belle manière de renouer avec la civilisation. Des journées radieuses alternent avec un ciel bas et pluvieux qui enveloppe les fjords et montagnes dans un voile mystérieux. Avec des étapes courtes, de nombreuses visites terrestres, des mouillages faciles, il s’installe un véritable air de vacances.


Aurore boréale et lune pleine au-dessus de Nanuq (photo François Tamone)

Et avec le retour de la nuit les conditions sont réunies pour observer les premières aurores boréales. Nous sommes gratifiés d’un des spectacles les plus extraordinaires.

A présent, 3500 milles et trois étapes après notre départ d'Islande, Tromsö approche à grands pas, et avec Tromsö la fin du voyage. Personne à bord n’a vraiment envie de quitter ce bout de paradis...


Norvège : verdure et douceur après l'arctique (photo François Tamone)


2018 Etape 14 - Le Sud (22 août 2018)


Dessin Mathilde Gallinelli-Gonzalez

Nanuq taille sa route. Pour la première fois depuis 2 semaines le soleil fait son apparition, sublimant le paysage glaciaire et alpin de la côte sud-est du Spitzberg. Nous arrachons l’ancre d’Isbukta, cap au Sud pour les derniers milles avant de remonter vers Longyearbyen. Toutes voiles dehors, Nanuq marche à 10 nœuds, une aubaine après trop de milles parcourues au moteur, faute de vents. C’est à ce moment que nous recevons l’appel de Albedo, deux suédois embarqués sur une minuscule barque pour une circumnavigation à la seule force de leurs bras. Nous les accueillons, épuisés mais heureux, à bord de Nanuq et prenons leur embarcation en remorque.

Parfaitement dans les temps, nous profitons des derniers jours pour visiter le spectaculaire Hornsund, rendre visite aux chercheurs de la station polonaise où nous échangeons sur nos projets avant de continuer vers la fin d’étape à Longyearbyen. Le retour à la civilisation se fera par Pyramiden, ville minière fantôme, témoin de l’époque russe, témoin d’une époque révolue.


Famille d’ours heureuse dans Hornsundet (photo Peter Gallinelli)

L’expédition PolarQuest2018 touche à son terme. Nous avons engrangé des téraoctets de données, des prélèvements uniques, des observations, des images… Tout part dans les laboratoires pour analyse et servira au documentaire qu’il s’agit à présent d'assembler. Nanuq a été fabuleux, les conditions idéales.

Les appareils et équipements sont débarqués, le nouvel équipage nous attend pour la suite. Les préparatifs sont frénétiques en vue de préparer le bateau pour la suite. La route sera encore longue et les dépressions de l’automne s’annoncent déjà …


2018 Etape 14 - La côte interdite (19 août 2018)

Le coup de vent n’est plus d’actualité, au moins à en croire les fichiers GRIB, prévision météo brute que nous obtenons par l’intermédiaire de notre modem satellite. Cependant, il ne fait pas bon trainer dans les parages et nous enchainons les 150 milles qui nous séparent du Freemansundet, détroit qui sépare Barents- et Edgeoya et permet l’accès au plus grand fjord de l’archipel. Le mouillage à l’entrée Ouest deviendra une attente contre les éléments. Durant la nuit, le coup de vent souffle de toute sa force. Le gréement siffle et Nanuq tire des bords au mouillage. Mais l’ancre tient bon, malgré les rafales à 50 noeuds. Le lendemain le vent tombe et nous repartons, cap sur Inglefield bugta, sur la côte Est du Spitzberg.


Capture modèle 3D du survol de InIglefieldbreen (source Gianluca Casagrande)

Après une semaine sans toucher terre, nous avons envie de dégourdir nos jambes et de partir à l’exploration terrestre. Nous resterons frustrés car le sol en dégel se dérobe littéralement sous nos pieds. Constitué d’une boue glaciaire épaisse, ce terrain n’est praticable qu’en hiver. Nous rendons néanmoins visite à la cabane et la station météo. Les traces d’ours et de renne sont abondantes et nous constatons leur curiosité, preuve en sont les nombreuses traces de pattes boueuses sur les murs ! Retour à bord après une brève visite qui nous coûte plus de temps en nettoyage de nos affaires couvertes de boue collante que de marche.

Le lendemain nous passons la matinée à suivre et à survoler le front de glace pour en établir un modèle en 3D pour les besoins de la société géographique italienne. Mission accomplie : cap au Sud.


2018 Etape 14 - Austfonna (16 août 2018)

Nanuq taille sa route vers le sud et des latitudes plus clémentes. Nous laissons dans notre sillage le formidable front glaciaire d’Austfonna, qui constitue avec ses 200km de longueur le plus long front de l’hémisphère nord. D’un côté la mer, de l’autre la glace, à perte de vue. Nous longeons le front aussi près que l’autorise une distance de sécurité raisonnable. A tout moment un mur de glace haut comme un immeuble peut s’écrouler dans la mer. Et c’est ce qui se produira sous nos yeux, faisant découvrir pendant un instant la monumentale partie invisible de l’iceberg. Nous nous trouvons une fois de plus immergé dans un univers totalement différent, irréel, qui obéit à ses propres lois et règles, ne permet aucun faux pas.


Nanuq ouvre la route sur fond de Austfonna (photo Mike Struik)

Encore hier soir, à seulement quelques heures de navigation plus au nord, nous étions mouillés au pied de Storoya, la grande île, presque entièrement couverte d’une calotte glaciaire parfaite, irréelle. Notre sortie à terre aurait pu finir en déjeuner pour ours si Mathilde n’avait pas repéré une masse blanche affalée sur la plage, non loin de notre lieu de débarquement prévu. Caché au ras du sol, le maître des lieux nous avait vu venir de loin et s’était fait discret, à peine visible ; un tronc d’arbre ou objet flotté ? Non, cet objet semble vivant. Pour en avoir le cœur net nos lançons une fusée explosive. Sans hâte, Nanoq se redresse dans toute sa splendeur, baille, s’étire et nous fait comprendre qui est le maître sur place.

Du coup, la recherche de la bouée océanographique que nous sommes venus récupérer se trouve compromise. Un survol en drone permettra toutefois de constater que l’objet recherché ne se trouve plus à la place de son dernier signal GPS. Nous rentrons fatigués, bredouilles. Nous arrachons aussitôt notre ancre du fond rocheux. Il n’offre que peu de tenue et le secteur avec ses nombreux hauts fonds non cartographiés est un véritable champ de mines.


2018 Etape 14 - La route du Nord (15 août 2018)

L'archipel du Spitzberg, appelé le Svalbard par le Norvégiens, est un ensemble d'îles et de hauts-fonds qui s'étalent sur un territoire grand comme l'Angeterre, situé à mi-chemin entre la Norvège et le Pôle Nord. L'île principale est le Spitzberg, suivie par Nordaustlandet, le territoire du Nord-Est, beaucoup plus Arctique, couvert en majeure partie par une immense calote glaciaire. Autant les côtes Ouest sont accessibles et accueillantes, autant l'Est est sauvage, glaciaire, interdit. C'est aussi le territoire des ours.

Nous voici à 82° de latitude Nord. Presque facile, car les conditions sont exceptionellement bonnes, tout au plus une brume épaisse et givrante qui réduit la visibilité à néant et fait tomber des morceaux de glace sur le pont quand la quantité accumulé dans le gréement devient trop épaisse. Depuis un moment notre girouette et anémomètre sont bloqués. Soudain, un banc de glace barre la route. Nous touchons la latitude ultime pouvant être atteinte en voilier cette année en ce début d'août, à 120 milles au nord du Spitzberg, à seulement 480 milles du pôle nord.

Ce sera le ‘sommet’ de l’expédition de cet été. Et comme la plupart des sommets, il n’y a pas grand-chose à voir. Le somment est plutôt un prétexte qui ouvre un espace-temps propice au développement d’une aventure. Et c’est bien ce que nous vivons depuis que nous avons largué les amarres d’Islande, 2000 milles plus tôt.

Depuis le départ de Longyearbyen, la ‘capitale’ agitée de la côte Ouest, nous n’avons vécu qu’un jour. Les variations jour/nuit ne sont que minimes et font oublier que les horaires existent. Tout au plus le roulement des quarts de veille nous rappellent que le temps passe. Aujourd’hui, 10ème jour depuis Longyearbyen, nous avons complétement perdu la notion du temps. Impossible de dire quelle heure nous sommes et encore moins quel jour.

Ny-Alesund aussi semble très loin. Pourtant nous y avons passé deux jours à finir la réparation de la dérive endommagée à l’occasion d’un talonnage, mais aussi de commémorer le 90ème anniversaire du crash du dirigeable Italia en présence des descendants, cérémonie solennelle au pied du monument aux explorateurs, réitérée sur le site même du crash en 1928, en pleine mer perdue au milieu de nulle part, en comité réduit de l’équipage de Nanuq.


90° anniversario della spedizione artica del dirigibile ITALIA (1928) (photo Mike Struik)
La couronne sera déposée en pleine mer, sur le site du crash une semaine plus tard.

Ny-Alesund est aussi l’occasion de nous faire de nouveaux amis parmi les chercheurs de la base scientifique. Frédéric repart en avion après une expédition couronnée de succès pour installer le capteur de PCB pour le compte du LCME à l'Université de Savoie.


Frédéric Gillet en train de déployer le capteur passif pour doser les PCB atmosphériques, loin de la pollution de la civilisation (photo Alwin Courcy)

Car cette année Nanuq est un laboratoire flottant, lourdement chargé d’instruments de pointe dont le fonctionnement ne permet aucune approximation : détecteur de rayonnements cosmiques, manta et filtres pour des microplastiques, absorbeurs passifs pour des PCB, drones et caméras thermiques pour des relevés topographiques, sonar bathymétrique pour des relevés de profondeur, mais aussi une tentative symbolique de retrouver l’épave de dirigeable perdu. Il faudra faire preuve de patience et de créativité pour les mettre en œuvre dans des conditions très éloignées du laboratoire stable et spacieux. Les premières analyses sont prometteuses, malgré les limites de conception des appareils ; nous les dépassons systématiquement : latitude, froid, autonomie…

Nos partenaires scientifiques, saison 2018

Seulement Nanuq et son équipage sont pleinement dans leur élément. Les mots d’ordre sont autonomie et savoir-faire, quoi qu’il advienne, optimisme aussi. La route est encore longue et il s’agit de ne pas sous-estimer les dangers qui se présenteront en route. Souvent la ‘descente’ est plus périlleuse que l’ascension et c’est là que les accidents se produisent.

Si notre route suit encore le sillage de la dérive de Nobile et et l'équipage du dirigeable suite au crash sur la banquise après le survol du pôle voici 90 ans et les expéditions de secours consécutives, Nanuq pointe à présent son étrave vers le sud. Le long de la côte Est du Svalbard nous attendent la recherche d’une bouée scientifique échouée sur Storoya, la plus orientale avant Kvitoya, avant de longer l’immense front de glace de Austfonna et enfin Edgeoya pour chercher un abri en attendant le coup de vent annoncé dans trois jours.


2018 Etape 13 - Bienvenue au Svalbard (2 août 2018)


Dessin Mathilde Gallinelli-Gonzalez

Après une traversée de 1000 milles sous un stratus alternant avec des bancs de brume, le Spitzberg se dévoile sous nos yeux. En guise de bienvenue nous sommes accompagnés par des bélougas en entrant dans le fjord embrumé de Recherchefjorden, un accueil magique qui sera brutalement interrompu par le raclement de notre dérive tribord sur le fond. Le temps de battre en arrière et nous voici échoués. Eloigné de notre route vers le fond du fjord, il nous faudra faire preuve de patience jusqu’à la marée suivante. Nous profitons de l’interlude imprévu par un temps calme et parfait dans un site d’une beauté unique, entouré de montagnes et de glaciers … pour inspecter la quille, démonter la dérive endommagée et nous reposer autant que possible à bord de notre bateau de plus en plus gité à la basse mer. Heureusement Nanuq est conçu pour ce type de contretemps.


Echouage dans Bellsund (photo Mike Struik)


Bélougas dans Recherchefjorden.(extrait vidéo Safiria Buono)

Une fois libérés par un dernier coup de gite provoqué en tirant sur une drisse par la puissante annexe, nous repartons découvrir la côte sud-ouest du Spitzberg, sa solitude sauvage, ses traces des temps de chasse à la baleine et ses mines de charbon dont témoignent les derniers avant-postes de civilisation industrielle tels que les villes russes de Barentsburg ou Pyramiden. Si le charbon permet d’alimenter ces villes en énergie fossile et facile, elles sentent aussi le vent tourner et s’orientent vers le tourisme arctique, un business fleurissant. Retenons les brasseries artisanales locales qui nous gratifient d’une mousse désaltérante et très estivale, malgré les 5°C de température ambiante. Le moral est au beau fixe ! Mais aussi des pontons modernes et propres qui exigent des taxes d'amarrage qui n'ont rien à envier aux tarifs continentaux. Les temps ont changé depuis notre dernière visite en 2004.


Nanuq à Barentsburg, actuellement la ville fait peau neuve (photo Mike Struik)

Longyearbyen sera l’escale d’un changement d’équipage et le début du projet PolarQuest2018. 1001 derniers préparatifs, avitaillements, rendez-vous, piscine, hamburger, bruit, bagages égarés et rencontres pour le moins insolites, sinon passionnantes, collage de la dérive endommagée... Nous larguons les amarres, heureux de laisser derrière nous la vie trépidante de la civilisation.


2018 Etape 13 - C'est parti (27 juillet 2018)

Aujourd'hui est le 5ème jour de notre traversée vers le Spitzberg, globalement avec des vents modérés portants. Une certaine routine s'est installée à bord. L'absence de nuit et le fait que le bateau vit sur 24/24 heures nous fait progressivement oublier nos repères terrestres.


Carte générale, expédition 2018: 13 convoyage, 14 PolarQuest2018, 15 convoyage. Fond NASA bluemarble

Après d'intenses préparatifs, nous voici enfin partis d'Isafjordur, véritable camp de base, qui nous a accueilli pour l'hiver et la préparation du voyage de cet été. Comme toujours, il y a 1001 choses à régler, organiser, préparer, installer, avitailler. Souvent plus de la moitié d'une expédition se joue avant le départ.


Carénage et nouvelle hélice, peau neuve pour Nanuq à Isafjordur. Photo Mike Struik

Un carénage devenu indispensable pour retirer la couche de coquillages qui s'est développée au fil des mois d'immobilité durant le long hiver, une nouvelle peinture, changement d'hélice, installation de sondes et la mise au point du nouveau pilote ... nous occupent de 7h du matin à tard dans la nuit, qui heureusement n'arrive que par définition, car il fait jour 24 heures sur 24.

Parti sur les chapeaux des roues d'Islande, un arrêt imprévu sur les côtes du Groenland au sud de Scoresby Sund 250 milles plus au nord nous permet de dégourdir nos jambes. Jan Mayen attendra une autre fois. Nombreuses sont les traces d'ours. Nous ne sommes pas seuls, mais le lieu est vierge de toute trace d'homme. Le cadre est superbement alpin. Une fraîcheur tonique nous accueille. La brise qui descend des immenses glaciers respire l'odeur caractéristique de la neige encore présente jusqu'au au niveau de la mer. Cependant, la banquise qui d'habitude ceinture la côte est quasiment absente et les restes de glaces en débâcle à 80 milles des côtes entravent à peine notre progression.


Nanuq au mouillage au Groenland, lors d'une brève escale. Photo Mike Struik

C'est un plaisir sans cesse renouvelé de découvrir les premiers icebergs de la saison. A présent l'eau est chaude, +7°C. Malgré la visibilité par moments réduite, la chance de voir d'autres colosses de glace durant la traversée est proche de zéro. Bref, la voie est libre pour l'atterrissage sur le Svalbard d'ici 1-2 jours, pour autant que les vents continuent à souffler. Nanuq est dans son élément et file à bonne allure, poussée par une petite brise portante.


Nanuq près d'un iceberg au large de la côte orientale du Groenland (photo Mike Struik)

La nuit n'est plus qu'un lointain souvenir, et même s'il est masqué par une brume persistante, le soleil ne se couche jamais.


Hauteur du soleil au fil de la journée du 27 juin à 74° de latitude nord. Extrait application twilight

Plus de news sur le site dédié à l'expédition http://www.polarquest2018.org

A bientôt, Peter


Evènements à Milan et Rome (23 mai 2018)

Annonce et présentation au grand public du projet PolarQuest 2018 : 'Italia' 90th anniversary memorial conference

  • 23 Mai au Museo Nazionale della Scienza e della Tecnologia, Milan (voir)
  • 24 Mai à la Société Geographique d'italie, Palazzetto Mattei, Rome
  • 25 Mai au Musée des forces armées italiennes, Vigna di Valle, Rome

L'agenda 2018 est en ligne (12 février 2018)

2018

Les journées se rallongent et l'été 2018 approche à grand pas. Vous trouverez le programme de la saison à venir en suivant ce lien...


Nanuq - opération micropastiques (29 novembre 2017)


Fred et Peter en train de réaliser des prélèvements à bord de Nanuq. Photo Dorothée Adam

Clip réalisé par Dorothée Adam à bord de Nanuq, été 2017.

Ces travaux ont permis de réaliser l'ampleur du problème. En 2018 Nanuq va réaliser des prélèvements tout au long de sa route, de l'Islande au Svalbard (Spitzberg). Suivez l'aventure sur PolarQuest2018 et apportez votre SOUTIEN.

Lecture:


Le passive igloo project - rapport d'expédition (24 octobre 2017)

Retour d'expérience d'un hiver arctique dans un habitat passif en autonomie complète.

Conçu selon les principes de l'habitat passif, le passive igloo project a montré qu'un chauffage actif n'est pas nécessaire en climat tempéré tel que celui qui caractérise l'Europe centrale, et pourrait être réduit d'un facteur 10 pour de l'habitat arctique.

Par nécessité, le passive igloo project dépasse le thème de l'autonomie énergétique au sens strict et aborde des aspects complémentaires non moins vitaux comme la nourriture, l'eau ou la gestion des déchets. Il en devient un laboratoire d'autonomie des plus complets.

Lire l'article complet ici...


Qeqertat : énergie pour une famille pour une anée (photo Peter Gallinelli)


Rencontres du Grand Nord (25 septembre 2017)

Muséum d’histoire naturelle de Genève
Mardi 10 Octobre 2017 à 20h15

Une conférence qui traite de la (sur-) vie dans le Grand Nord.

Parti vivre avec son fils pendant une année sur son voilier pris dans la glace au nord du Groenland, Peter Gallinelli raconte les aventures vécues dans un milieu à la fois hostile et miraculeusement vivant, la nuit, le froid, les rencontres... mais aussi les effets du réchauffement climatique et d’une certaine modernité.

En 2e partie un diaporama réalisé par Michel Jaussi à Kangerlussuak, Ilulissat, Upernavik et Aasiaat

Organisé par la Société Zoologique de Genève


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