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 Région de Qaanaaq - automne et embâcle

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Extrait de la carte de navigation Harward Oer et Qeqertat (© Kort & Matrikelstyrelsen, Miljoministeriet, Danmark)

Automne 9 : Il fait nuit (30 novembre 2015)

Si vous lisez ce message, c'est que la communication avec Qaanaaq est rétablie. Depuis bientôt trois mois nous sommes matériellement coupés de monde. Car en l'absence de lourdes infrastructures la période d'embâcle empêche toute communication avec le monde extérieur.

Ceci ne nous a pas empêché de continuer à documenter la vie à bord et avec plus ou moins de retard vous découvrirez le récit de la période d'embâcle à partir de notre dernier message du 28 septembre - 'immaqa' - dans l'ordre chronologique:

Il fait nuit ...

... le mercure s'est rétracté sous la marque de -30°C. La température moyenne des mois d'hiver à Qaanaaq est de -25°C; à Qeqertat il fait deux degrés de moins qu'à Qaanaaq et à 'Nanuq's Cove' il fait trois degrés de moins qu'à Qeqertat ... En ce moment la pleine lune nous gratifie d'un jour sans nuit - d'ailleurs, elle ne se couche plus. Le pays est désormais recouvert d'une fine couche de neige fraîche, poudreuse et lumineuse: blue-moon, magique!

Nanoq - l'ours blanc - a été aperçu à l'Ouest. C'est le 5ème qui tente de remonter le grand fjord. Nous redoublons de vigilance. Les promenades se font accompagnées de chien, de fusil et de puissantes frontales. Demain notre stock de nourriture pour chien sera installé bien en vue à l'entrée de notre camp. Ainsi l'ours curieux pourra manger à sa faim en nous laissant le temps de nous retourner - si nécessaire.

Les grands chantiers en plein air sont terminés, ce qui inclut l'installation de la station météo qui mesure et enregistre à présent vents, rayonnement solaire, albédo, température de l'air, de l'eau et enfin le flux de chaleur qui traverse la banquise (cf. page science). Les batteries prévus au départ pour un fonctionnement en autonomie ne tiennent pas le froid et nous avons du installer la station à portée de câble du bateau, à une cinquantaine de mètres.


Crépuscule à midi : Nanuq et la station météo au premier plan (photo Kalle Schmidt)

Les aménagements pour accueillir le grand froid sont terminés. L'excellente isolation d'une part et la chaleur relative de l'eau sous la banquise d'autre part assurent un équilibre thermique qui demande peu pour fournir un habitat confortable. Pendant la 'journée' le petit chauffage fonctionne par intermittence pour maintenir une température agréable. Durant les périodes de sommeil le chauffage est coupé et en l'absence d'activité à bord la température baisse progressivement vers 5°C dans le carré et proche de 0°C dans les cabines. A ce moment, les gros sacs de couchage assurent une bulle de chaleur protectrice et un repos réparateur - nul besoin de lutter durant le sommeil pour assurer la thermogénèse.

Le système de récupération et de préchauffage d'air est étonnant. La capture ci-dessous montre quelques mesures en cours. L'air frais est pulsé dans la cabine pratiquement à la même température que l'air intérieur avec pour seule énergie utilisée le fonctionnement de 2 petits ventilateurs - quelques Watts. Le réservaoir de production d'eau potable en sortie a été supprimé, la température de l'air rejeté étant trop proche du point de congélation. Et pour le moment nous disposons de l'eau liquide en abondance en provenance des lacs - tant que nos pourrons traverser la couche de glace qui s'épaissit de jour en jour.


The passive igloo project - capture instantanée de l'interface RTML (Loggernet). L'air extérieur (-16.2°C) est aspiré via un tube immergé qui sert au préchauffage de l'air (-10.1°C) qui entre dans un récupérateur de chaleur (au centre) pour en limiter le givrage. Une sonde d'humidité (HR) régule le débit d'air. L'air frais préchauffé est introduit dans la cabine (16.8°C). L'air usé quitte le bateau à une température proche du point de congélation (1.3°C). (by peter Gallinelli)

Avec le froid le 'passive igloo project' entre enfin dans sa phase opérative. Son but est de traverser un hiver arctique en autarcie et sans recours à des énergies non renouvelables, base d'exploration des possibilités et des limites de l'habitat de demain qui sera nécessairement passif. Nous nous sommes cependant fixés à ne pas nous obstiner à atteindre cet objectif par une surenchère de technologie, car ce serait un luxe trop exclusif. Il s'agit plutôt de réduire la dépendance aux énergies non-renouvelables de manière radicale en explorant de préférence des solutions robustes, intelligibles, immédiatement reproductibles et économiquement viables.

"Une bonne solution est une solution qu'on peut oublier". S'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur tous les systèmes, l'isolation thermique renforcée fait unanimement partie des bonnes solutions.

En un mois nous avons consommé à peine un plein de carburant (50 litres), très peu étant donné le froid mordant, le peu de vent et les moyens simples pour y parvenir: une excellente isolation thermique, une éolienne et un récupérateur de chaleur. Pompe à chaleur et stock de chaleur ont dû être sacrifiées en raison de la limite de budget. Ainsi un premier bilan nous indique que sur le mois passé nous avons absorbé un flux d'énergie primaire de 250W/personne pour satisfaire aux besoins du chauffage, l'éclairage, les appareils électriques, l'eau chaude et la cuisine. C'est 10 fois moins que la moyenne suisse alors que notre température extérieure était de près de -20°C. Au-dessus de 0°C (c'est la température du mois de janvier sur le plateau suisse) le chauffage, plus gros consommateur, n'est plus nécessaire. L'hiver à venir nous en apprendra sur ces systèmes dans la durée et dans les conditions les plus sévères. Nous sommes impatients!


Blue Moon : pleine lune (ou presque) sur la banquise. Nanuq dans son élément. 25 novembre | 77.5°N | -25°C (photo Kalle Schmidt)

Ainsi, nous nous enfonçons progressivement dans l'hiver arctique froid, sombre et magique. Ce sera probablement notre dernier message avant la fin de l'année. Un dernier message qui prendra la route demain, à l'occasion de notre prochaine visite au village. Une longue route semée d'incertitudes. Notre chez nous est à présent à bord de Nanuq. Nul retour possible en arrière.

Alors nous regardons en avant et vers les aventures à venir. Il nous reste à mettre en place quelques capteurs qui garderont un oeil critique sur ce que nous vivons de façon parfaitement subjective. Les deux méthodes se complètent. Nous sommes ici pour en apprendre sur l'habitat et ses habitants - nous - dans un environnement peu commun.

Pour nous, Team Nanuq, l'idée de passion concerne l'expérience de nouvelles couleurs et parfums, la rencontre avec les autres, la nature et nos limites. Notre moteur sont un vif intérêt pour ce qui se cache derrière l'horizon, la soif de comprendre et la curiosité d'innover et de tenter des nouvelles choses - et à ce titre nous sommes comblés.

Les défis du moment sont:

  • la gestion du sommeil : décalage croissant naturellement de 45 minutes par jour...
  • la gestion de l'énergie en situation de vent nul (10+ jours)
  • la rupture de communication avec Qaanaaq et le reste du monde

Tout va bien à bord :-)

Nous vous souhaitons de très belles fêtes et un magnifique hiver.

Bai- takussagut (*)
Peter & crew

(*) Kalaalit ('baï takouch') = à bientôt!


Automne 8 : Travaux sur la banquise (20 novembre 2015)

Grosse chute du baromètre - troisième coup de vent du Sud. Après un avant-goût d'hiver avec une période à -20°C et les premières aurores boréales, le ciel est bas, le vent souffle en rafales de 50 noeuds et la température est positive. Oui, ce vent apporte de l'air tempéré de bien loin. Libéré de ses aussières à terre, Nanuq est cependant parfaitement protégé dans son berceau de glace. Les rafales nous font giter de quelques degrés, à peine perceptibles. Notre 'mouillage' est parfait!

Rigide comme de la tôle il y a encore quelques jours, nous profitons du chaud pour plier définitivement l'annexe pneumatique devenue inutile, mais qui nous a servi encore récemment car la banquise a du mal à se former à proximité de la terre à cause du marnage - près de 3 mètres en vives eaux (pleine et nouvelle lune). A présent il suffit de sauter d'un glaçon à l'autre en prenant garde de ne pas s'enfoncer dans les interstices de glace molle.

Nous venons de finir d'installer le prototype de ventilation de notre 'iglou'. Si d'une part l'oxygène est indispensable pour assurer la survie des occupants (!), l'humidité doit être évacuée pour empêcher la cabine de se transformer en grotte humide et insalubre. Cependant, de ventiler sans précaution ferait entrer le froid dans notre cocon de chaleur. Le système utilise donc la chaleur de l'eau de mer (-1.5°C) pour le préchauffage de l'air frais arctique (bien plus froid que l'eau de mer) suivi d'un échangeur qui préchauffe l'air entrant en utilisant la chaleur récupérée dans l'air usé extrait de la cabine. La régulation se fait en fonction du taux d'humidité de l'air intérieur. C'est un bon indicateur de présence et d'activité. Et ça fonctionne à merveille! Nous sommes curieux d'en apprendre sur la durée.

Nos visiteurs sont bien intrigués par cette installation à mi-chemin entre technique et tradition : à la façon d'un filet de pêche le tube est immergé sous la banquise par un lest fait de pierres et suspendu à 2m de profondeur par des garcettes frappées sur des taquets de glace (bien visibles sur la photo ci-contre).


Travaux sur la banquise: installation du puits canadien servant à préchauffer l'air frais. Le bloc à droite découpé dans la banquise sert de support de prise d'air. Il donne une idée de son épaisseur. Avec le froid les blocs se soudent aisément. (photo Kalle Schmidt)


Travaux à la frontale; par temps couvert il y a à peine un crépuscule. A droite: devant l'échangeur l'ordinateur et le microcontrôleur qui commande les ventilateurs et le système qui prévient le gel dans l'échangeur de chaleur (photo Peter Gallinelli)

Les défis du moment sont:

  • la gestion de l'humidité dans et autour du bateau - environnement salin, séchage, condensation, points froids
  • l'hygiène et la lessive - les lavages et lessives sont énergivores et produisent beaucoup d'humidité
  • la nourriture - un bon moral culinaire et vitaminé malgré un régime de base restreint
  • la gestion de l'énergie en situation récurrente de vent faible

Aujourd'hui c'est Byzance. Il y du vent en abondance et l'éolienne tourne à plein régime. Chauffage et séchages complets par de petits radiateurs électriques - très appréciable quand on sort d'une longue période de calme. Car nous comptons sur une charge par semaine pour maintenir nos accumulateurs chargées...

L'embâcle est complète. C'est parti pour l'hiver.


Automne 7 : Crépuscule sur Qeqertat (8 novembre 2015)

C'est dimanche au paradis de la glace. Notre Univers ne cesse de se transformer. Désormais le jour se réduit à un crépuscule furtif. Depuis quelques jours le mercure côtoie la marque du -20°C et continue de baisser. A cette température la glace s'épaissit rapidement rendant la banquise praticable en toute sécurité ce qui nous vaut de belles excursions. Avec l'embâcle les distances se raccourcissent car les routes sur la banquise sont incomparablement plus directes. Il s'agit à présent d'habituer nos jambes à la démarche sur la glace vive et glissante qui nous fait découvrir des muscles insoupçonnés.


Promenade sur la glace fraîchement formée: 20cm d'épaisseur pour se déplacer en sécurité (photos Peter Gallinelli)

Cette nouvelle donne nous vaut aussi les premières visites de nos amis du village. Ainsi, depuis quelques jours, notre équipage s'est agrandi d'un membre: Sara, la chienne de garde groenlandaise que nous prête la jeune fille de Qeqertat du même nom qui vient régulièrement nous rendre visite en traineau avec son père pour prendre la 'kaffi' à bord. C'est l'occasion de cultiver notre vocabulaire groenlandais.


Les activités de chasse et de pêche depuis la banquise ont commencés (photo Kalle Schmidt)

Nous accompagnons Thomas installer son filet de phoque et nous sommes impressionnés par la simplicité et l'efficacité de son dispositif; pas un outil ni de geste superflu. Nous vivons l'illustration vivante d'une citation d'Antoine de Saint-Exupéry: "Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retrancher...". Comme E = mc2 n'a pas été écrit en un jour, il a fallu des générations pour parfaire cette technique. Nous avons beaucoup à apprendre de ce peuple étonnant et attachant.


Programme scientifique: installation de capteurs HCB sur la banquise (photo Kalle Schmidt)

Ce dimanche, nous installons aussi les absorbeurs HCB. Le matériel préparé par l'Université de Savoie se déploie sans difficulté malgré le froid mordant. L'arrimage sur la glace est simple: nous versons un peu d'eau liquide sur les pieds qui se soudent aussitôt à la banquise - technique d'Inuit! L'installation restera en place durant l'hiver. L'analyse se fera à notre retour en Europe, l'année prochaine.

Enfin, nous venons d'inaugurer les pulkas particulièrement appréciables pour le transport de la précieuse eau potable que nous récoltons sous la glace d'un des nombreux lacs d'eau douce à 1km du bateau - c'est bien plus efficace que de porter un fût de 60 litres à dos d'homme! Enfin, après une journée passée à l'extérieur, nous retrouvons le confort à bord de Nanuq avec grande joie; accueil avec du thé chaud et bientôt une repas copieux pour reconstituer les calories brulées en plein air.


Nanuq dans son berceau de glace - 8 novembre. Remarquez les safrans relevé pour éviter la pression de la glace. (photo Kalle Schmidt)

Les journées se raccourcissent inexorablement. A quoi donc ressemblera la nuit arctique:

Les tableaux ci-dessous donnent les heures de lever et de coucher du soleil, de la lune ainsi que les heures de crépuscule à Qaanaaq / Qeqertat. Nous sommes à 77.5° de latitude Nord, la région traditionnellement habitée la plus septentrionale du monde.

On distingue trois types de crépuscule...

schéma tiré de Wikipedia qui propose un excellent article

Le crépuscule civil: Il correspond à la période entre le coucher du soleil et le moment où il passe de 6° sous la ligne d'horizon. La lumière est suffisante pour clairement observer des objets; un éclairage artificiel n'est pas nécessaire. C'est la définition de crépuscule utilisée par le grand public.

Le crépuscule nautique: Il correspond à la période où le soleil passe de 6° à 12° sous la ligne d'horizon. A ce moment on distingue de justesse l'horizon, mais la vue devient difficile. Cette définition remonte à l'époque où l'on naviguait à l'aide des étoiles. Pour mesurer la hauteur d'une étoile à l'aide d'un sextant la ligne d'horizon doit être visible.

Le crépuscule astronomique: Il correspond à la période où le soleil passe de 12° à 18° sous la ligne d'horizon. A ce moment le soleil commence à éclairer l'atmosphère. Au-delà le ciel est complètement noir.

Ces crépuscules sont visibles à condition de profiter d'un ciel clair...

Source des données : U.S. Naval Observatory, voir http://aa.usno.navy.mil/data/docs/RS_OneYear.php


Automne 6 : Nous voilà (5 novembre 2015)

Voici notre planète:


Paysages de glace et pleine lune : elle ne se couche pas, elle indique le Nord... (photo Peter Gallinelli)

Ce début de Novembre marque la disparition définitive du soleil. Le crépuscule dure encore longtemps. Les journées de plus en plus courtes sont un spectacle de pastels quotidiennement renouvelé. Chaque jour nous gratifie d'une ambiance nouvelle. La baie, maintenant gelée, nous donne l'impression d'avoir atterri dans le creux d'un cratère extraterrestre. Notre bateau ressemble à un vaisseau spatial échoué là au terme d'un voyage interstellaire: un vaisseau truffé d'astuce et des ressources nous permettant de vivre dans cet environnement à la fois hostile et exceptionnel durant les 10 mois de solitude qui nous séparent du moment où la glace nous permettra de repartir ... vers notre monde.

Les températures varient entre -10 et -20°C. Le congélateur! Nos sorties se font désormais en épaisses polaires doublées de combinaisons étanches. Ainsi équipés, nous ressemblons curieusement à des astronautes, exception faite de l'absence d'un respirateur, car nous avons de la chance: l''atmosphère de cette planète est parfaitement respirable et il suffit de se protéger le visage pour prévenir une engelure.


Nanuq solidement amarré dans 'Nanuq's Cove' - observez les hauts fonds au milieu de la crique (photo Kalle Schmidt)

Le sentiment d'isolement est saisissant. En dehors d'une opération de sauvetage un retour en arrière n'est pas envisageable. Pendant quelque temps nous ne pouvons compter que sur nos propres ressources. Ainsi le voyage prend une tournure de laboratoire d'autonomie - il s'agit de tout faire avec les moyens embarqués très limités et ce que la nature veut bien nous offrir. La seule ressource illimitée est notre créativité.

Par exemple, la notion de déchet a pratiquement disparue. D'une part parce que nous n'avons aucune place pour accumuler des immondices. Mais aussi parce qu'il s'agit de matières utiles, donc précieuses. Ainsi un emballage qui finirait habituellement à la poubelle devient une matière première potentielle. Une ampoule électrique dans un pot de confiture vide devient un corps de chauffe pour maintenir notre compost à température. Un panneau isolant devient un matériau de construction polyvalent. Nombre de pièces viennent de la récupération. Peu à peu, par nécessité, nous nous approprions de l'art de la débrouillardise si familière à la culture inuit, capable de transformer avec génie des matériaux simples en objets de valeur exceptionnels. Quel contraste avec le monde du prêt à jeter.

Même l'air usé de la cabine est recyclé. Nous avons inauguré notre porte à récupération il y a quelques jours. Ainsi la chaleur et l'humidité sont valorisées par un échangeur de chaleur. L'eau de condensation rejoint l'eau douce liquide particulièrement précieuse en arctique. La chaleur sert à préchauffer l'air frais avant d'entrer dans la cabine. Un microcontrôleur s'occupe de la gestion des ventilateurs pour aérer ce qu'il faut quand il faut et éviter que l'échangeur ne gèle. Un des nombreux développements pour le 'passive igloo' que nous testons durant l'hiver. Il ne nous reste plus qu'à faire passer le tuyau de prise d'air dans l'eau de mer. Elle ne descend jamais en-dessous de -2°C. C'est chaud quand il fait froid : -30°C...

Et puis il y a ces dispositifs passifs tels que isolation thermique ou les vitrages isolants tellement discrets qu'on en finit par les oublier. Pourtant sans eux cette expédition serait impensable.

A suivre...


Automne 5 : Embâcle sur Harward Oer (28 octobre 2015)

Peu à peu Nanuq se transforme d'Umiaq, le bateau, en Iglou, l'habitat au sens inuit du mot. Installations, réaménagements, rangements: nos journées sont bien remplies. Ainsi notre liste des tâches s'est progressivement raccourcie. Nous rencontrons aussi des surprises telles des points de condensation imprévus - malgré une construction soignée. Ainsi le système de ventilation prend toute son importance, de même qu'une gestion rigoureuse des sources de vapeur: lessive, cuisine, nous.


Notre vaisseau, échoué sur une autre planète - Nanuq en arctique (photo Kalle Schmidt)

La grande éolienne a trouvé sa place sur son mat dans le cockpit et elle a commencé à produire ses premiers kWh. Nous sommes tous émerveillés de voir comment cet engin transforme un élément naturel, gratuit, illimité en électricité précieuse. A présent nous souhaitons du vent modéré et abondant. Sommes-nous au bon endroit? Le peu d'éléments connus sur cette région ne permettent pas d'en faire une prévision fiable. Nous allons devoir nous accommoder de ce qu'il y aura. Que ce soit l'abondance ... ou le contraire.

Progressivement nos vivres fraîches s'épuisent et laissent la place aux légumineux et féculents. Il nous faut à présent développer notre créativité pour composer des plats nourrissants et appétissants à partir d'une variété d'ingrédients limités. Et ça se passe plutôt bien. En dehors de quelques occasions, nous avons éliminé les pâtes, populaires et faciles à préparer, mais très gourmandes en eau et en énergie et grande source de vapeur d'eau. En contrepartie les potages et soupes à base d'haricots, de lentilles et de pois ont la cote. Faciles à préparer en cocotte-minute, il suffit de penser à faire tremper les graines conservées secs quelques heures avant la préparation. La redécouverte d'un ancien art de cuisiner, un délice. Notre stock d'épices en gros pots constitue un élément important de ce menu.

Chaque dimanche, nous fabriquons 2kg de pain frais pour la semaine - un moment très apprécié lorsque le parfum de pain frais et la chaleur du four envahissent la cabine. Pour les grandes occasions un gâteau ou une pizza viennent apporter du changement. Ainsi, en dehors d'un manque croissant de frais, nos menus n'ont rien à envier à la cuisine terrestre. Hélas, la saison n'est pas propice à la pêche. Mais ce n'est que passager. Une fois la banquise formée, notre menu se verra agrémenté de ce qui constitue la base alimentaire des peuples traditionnels du Groenland.


La glace - enfin! Nanuq se transforme en 'iglou' (photos Peter Gallinelli)

Epaisseur de glace : 15 cm. Les visites chez nos amis au village sont temporairement terminées - nous n'osons pas trop jouer au brise-glace avec notre annexe pneumatique pour nous y rendre. La glace toute neuve autorise tout au plus une première promenade prudente à proximité du bateau, accompagnée de l'annexe que nous trainons avec nous - au cas où la couche encore fragile cèderait...


Automne 4 : Baie tempête - Stormy Bay (25 octobre 2015)

Cette nuit nous n'avons pas fermé l'oeil. Prêt à bondir de nos sacs de couchage nous participons au spectacle donné par mère nature: symphonie polyphonique de sifflement aigu dans le gréement, raclement de la coque dans son berceau de glace encore fragile qui cogne ou des craquements sourds quand un morceau de glace s'en détache, une sangle qui frappe, un hauban qui vibre, un objet qui se déplace quand le bateau gite sous la pression d'une rafale, les aussières frappées sur de solides rochers à terre qui craquent sur leurs taquets, neige et poussières qui sablent la coque... De temps à autres nous allumons le projecteur de pont qui éclaire le bateau et les environs pour vérifier si nous bougeons - car nous ne connaissons pas encore la dynamique de la jeune glace, prête à partir à la dérive avec nous. Pour vérifier aussi si l'annexe est encore là; après plusieurs tentatives d'envol, nous l'avons amarré retourné sur la banquise sous le vent du bateau - elle est sage à présent.


Arrivée à 'Stormy Bay' (photo Kalle Schmidt)

Encore une de ces tempêtes du Sud qui font la renommée de cette région. Nous y avons été initiés dès les premiers jours sur l'emplacement que nous pensions être notre mouillage d'hiver. Nous étions avertis d'un vent tempétueux sur la calotte glaciaire. La force annoncée pour notre secteur était de 35 noeuds, un coup de vent normalement très gérable au mouillage. Nous avions failli y croire un moment: le mouillage sur deux ancres et deux aussières à terre semblait parfait... jusqu'à ce que les premières rafales s'abattent sur Nanuq, tel un immense marteau. Juste à temps, nous nous dégageons de l'emplacement exigu pour mouiller notre ancre à proximité, hors de portée des rochers à fleur d'eau. C'est maintenant que la véritable tempête se lève. Malgré la bonne tenue du mouillage il devient impossible d'encaisser plus que quelques rafales avant de chasser. Elles dépassent allègrement 60 noeuds. Sous la pression des plus fortes - notre anémomètre indique désormais plus de 70 noeuds - notre mouillage n'a aucune chance. Moteur!

Il fait nuit. Pas question de laisser la voile d'artimon si utile en place, elle serait déchirée sur le coup. Le gréement hurle et il est impossible de communiquer autrement qu'en geulant à pleins poumons à moins de 2 mètres - notre élégant langage des signes pour coordonner la manoeuvre du guindeau est inutilisable dans l'obscurité. A sec de toile Nanuq se fait coucher jusqu'à plonger les passavants sous l'eau. La visibilité n'est que de quelques mètres. Tout est blanc. Le vent souffle maintenant en ouragan et arrache l'eau à la mer qui s'est transformée en mousse bouillonnante. La limite entre l'air et l'eau est incertaine. Nous sommes sur le pont, trempés, en faisant des ronds dans l'eau en attendant une accalmie... bien que non-fatal, nous n'avons aucune envie de nous retrouver sur un haut fond pour y passer l'hiver.

Mais nous profitons aussi de conditions atténuantes: il fait chaud (0°C), la pleine lune nous octroie le minimum de visibilité pour distinguer l'ombre de la côte et notre baie profite d'une parfaite protection de la mer. Dans les accalmies nous étalons de justesse en marche arrière. En revanche, Nanuq remonte aisément contre les éléments en marche avant nous permettant de nous repositionner dès que nécessaire. Le diesel ronronne comme si de rien était en montant à peine les tours. C'est très rassurant!

Aux premières lueurs du jour, le vent tourne progressivement au Sud, nous permettant d'attraper nos aussières à terre. Manoeuvre délicate réussie, nous saisissons le filin salvateur. Oufff! Il est temps de récupérer. Si l'adrénaline est une arme redoutable - ni fatigue, ni froid, ni faim et des sens aiguisés - cette dépense nécessite récompense. Nous dormons enfin en veillant à tour de rôle. Les rafales diminuent. Plus que quelques-unes font déclencher l'alarme de vent fort réglé précautionneusement à 60 noeuds. Au fil de la journée le vent tombe. Nous constatons les dégâts: parmi coussins et objets divers, un bol de spaghetti bolognaise décore le plancher du carré. Les équipets mal fermés ont rendu leur contenu. Suite au dur labour du fond marin, l'ancre et la chaine encore toutes neuves la veille sont marquées de rayures jusqu'au métal nu. Mais Nanuq et son équipage sont solides - pas une égratignure. Seulement le cairn dressé à terre la veille a disparu...!


Notre mouillage à 'Stormy Bay', le jour avant la tempête (photo Kalle Schmidt)

A la lumière de ce que nous avons vus cette nuit, tout ce que nous avons craint par le passé semble dérisoire. Aussi, nous changeons de fusil d'épaule: plus question de laisser le moindre doute quant au choix de notre camp d'hiver. Nous redevenons nomades pour passer de mouillage de Nord à mouillage de Sud, selon les conditions. En affinant l'exploration de la région nous découvrons une minuscule anse, parfaite. Nous en sommes à nous demander si ce n'est pas notre voeu qui a fait naître ce mouillage là où nous étions passés deux semaines auparavant, sans rien voir.

Ainsi Nanuq est installé entre deux solides aussières au Nord et deux au Sud. La longueur de tout notre matériel de mouillage y passe. Nul envie de refaire des ronds dans la baston, peut-être, voire probablement sans conditions atténuantes.

Mouillages:

Harward Oer 77°29.5'N 66°33,5'W : s'il existe de nombreuses possibilités de mouillage dans le havre naturel formé entrée les deux principales îles de Harward Oer, le seul qui se pratique exclusivement à l'aide d'aussières frappées à terre est celui que nous nommons inofficiellement 'Nanuq's Cove'. La protection des tempêtes du Sud est bonne, du Nord raisonnable. Les vents du secteur E et W sont modérés. Le centre de la crique est encombré de plusieurs rochers découvrantà marée basse. Le fond manque de profondeur, hélas. Il convient de frapper 2 aussières à terre au S et 2 au N près de l'entrée. Des grosses sangles de levage sont parfaites pour entourer les rochers à terre. Il faut compter 200m d'aussière. Les fonds y sont environ de 3m. Un lac profond a 1km au SE permet un approvisionnement en eau potable. Les promenades sont belles et variées. Distance au village de Qeqertat 2.5km à vol d'oiseau. Nécessite l'annexe pour traverser la baie.

Les marées de vives eaux sont d'environ 3m, de moitié en mortes eaux.

 


Région de Qaanaaq : 77° de latitude Nord © worldwind NASA bluemarble 2014

Automne 3 : Nouveaux murs photos (28 septembre 2015)


Nanuq au mouillage à Qaanaaq - vue depuis Hotel Qaanaaq (photo © Hans Jensen)

Un dernier partage avant de quitter Qaanaaq pour de bon:

Amitiés et bientôt,
Peter & crew


Automne 2 : La dernière ligne droite (26 septembre 2015)

Nuit agitée

au mouillage de Qaanaaq. Le vent du nord souffle en rafales de 40 noeuds en dévalant les pentes au-dessus de la ville. Le mouillage est exceptionnel, les fonds sont d'une tenue à toute épreuve, heureusement. Grace à notre ancre FOB de 40kg et ses 50 mètres de chaine de 12mm, le bateau encaisse et notre igloo reste un havre de paix à l'épreuve du temps. Une lune presque pleine éclaire les icebergs qui défilent dans le fjord et la poussière qui dévale les montagnes en contre-jour.

A deux encablures de l'étrave les lumières de Qaanaaq brillent en guise d'encouragement. Oui, ce lieu improbable est bel et bien habité. Hostile de prime abord, les deux semaines passés ici commencent à nous faire entrevoir ce qui attache les gens ici. Sans aucun doute nous nous trouvons face à une des plus belles vues du monde. Hans Jensen, patron de l'incontournable Hotel Qaanaaq nous le confirme - la vue depuis l'hôtel est exceptionnelle!


Glace nouvelle - elle repartira, poussée par le premier coup de vent (photo Jakob Gallinelli)

Quant à l'organisation du quotidien, elle se fait sans empressement et dans le respect du temps des hommes. Il n'est pas question de brûler une étape ou de forcer l'impossible. Ici le temps est respecté et il y a toujours un moment de société.

Nous nous sentons les bienvenus et nous essayons d'honorer l'accueil qui nous est offert en donnant en retour ce que nous pouvons. Les opportunités sont nombreuses pour échanger et d'en apprendre les uns sur les autres, que ce soit en faisant notre avitaillement, des petits travaux, en organisant notre séjour, en visitant l'école, en participant à une soirée... ainsi des amitiés se tissent. Nous avons beaucoup de gratitude pour l'accueil spontané des gens d'ici, de même que pour les innombrables coups de mains, encouragements et conseils que nous avons reçus tout au long de notre marche d'approche.

Oui ce pays-continent (bien plus qu'une île) est magique. Autant par sa géographie que par le peuple qui l'habite. Nous avons beaucoup à en apprendre.


Collecte de glace pour la production d'eau potable selon la tradition groenlandaise à partir de glace multimillénaire exempte de toute pollution (photos Peter Gallinelli)

Hier la bonne nouvelle est tombée: nous avons enfin le feu vert du gouvernement et des autorités locales pour hiverner sur territoire groenlandais, ici dans la région de Qaanaaq. A présent, la voie est libre: en dehors de la dernière correspondance avant longtemps tout est prêt. Eh oui. Notre cordon Internet nous reliant tant bien que mal au monde sera coupé pour de longs mois. Une véritable cure de désintoxication nous attend. Si nous avons déjà appréhendé l'autonomie, Il va falloir réapprendre le courrier postal - dont une partie voyagera par traineau à chiens - et les semaines d'attente d'une réponse. Mais n'ayez crainte; ce blog ne sera pas interrompu pour autant: de temps à autres nous glisserons une carte SD dans une enveloppe pour faire partir des mises à jour ... comme le résume un ami 'une combinaison de rusticité et de modernité pour atteindre l'efficacité.' Et un retour en sens inverse est également possible - un suffit de poster un mot sur ici...

Dans peu de temps Nanuq ira mouiller son ancre dans une baie parfaite de Harward Oer. Notre bateau se transformera alors définitivement en iglou - au sens groenlandais : maison. Fini la houle du large, pétoles et coups de vent et les incertitudes de la navigation. Place à une nouvelle aventure, celle de l'apprentissage du froid: un long tunnel sans possibilité de retour en arrière ... sous le regard bienveillant des habitants de la région qui ne nous prennent pas pour des fous, mais souhaitent la bienvenue à notre initiative. Histoire à vivre...

A vous qui lisez ces lignes, nous vous souhaitons un bel automne et au plaisir du prochain post ... dans quelque temps.

A bientôt,
Peter & Crew


Automne 1 : Inglefield Bredning - Qeqertat (15 septembre 2015)


Bowdoin Fjord, fin de saison, région de Qaanaaq, Groenland (photo Peter Gallinelli)

Si vous lisez ces lignes, c'est que nous sommes de nouveau à Qaanaaq et la connexion data via la 3G fonctionne - c'est inespéré - et donc précieux! Nous espérons pouvoir tenir notre mouillage exposé au pied de la 'capitale' le temps de cette dernière escale technique avant l'hiver.


Nanuq au mouillage à Harward Oer (70°30'N); coucher du soleil après la neige (photo Peter Gallinelli)

Long de 80 milles et large de 10, Inglefield Bredning est un fjord marquant de la côte NW du Groenland. C'est aussi ici que la communauté traditionnelle la plus septentrionale du monde habite depuis la nuit des temps. 800 âmes y vivent, dont 600 à Qaanaaq - ville artificielle bâtie dans les années 50 par les forces armées américaines. Le reste est dispersé sur un territoire grand comme la Suisse! Les principales activités sont la chasse et la pêche.

Qaanaaq est aussi un lieu incontournable pour beaucoup d'expéditions, comme nous l'explique Hans Jensen du petit et seul hôtel de la ville. On y trouve tout, ou presque, mais il faut anticiper. Le cargo de ravitaillement ne passe que deux fois dans l'année. L'Arina Arctica est au mouillage et la barque de chargement fait d'incessants va-et-vient. Les habitants sont joyeux comme si c'était noël: il y a des vivres fraîches dans les rayons du magasin, d'autres installent et testent leur hors-bord tout neuf! En sens inverse des machines usagées et conteneurs vides repartent en direction du Danemark.


Mouillage de Kangerdharssuk. Première neige 11 septembre 2015 (photos Peter Gallinelli)

Après une journée technique, et avec l'autorisation de l'administration locale, nous partons à l'exploration du fjord. La température est passée en-dessous de 0°C. Le vent souffle et il neige. Le paysage jadis coloré et minéral se couvre d'un manteau blanc. Magie de l'hiver! Le barreur, attentif à la glace omniprésente, s'équipe d'habits chauds et d'un masque de ski.


Barreur bien équipé sous la première neige. Les falaises de grès près de Qaanaaq (photos Dolores Gonzalez)

Ainsi, nous remontons jusqu'à Harward Oer, un archipel qui nous semble offrir des bonnes possibilités de mouillage en raison de la roche granitique qui le constitue. Long de 8 milles, un havre naturel est formé entre l'île du N et l'île du S. Nos espoirs sont récompensés: les mouillages sont nombreux et bons.

A notre surprise, la végétation est abondante. A cette saison les fleurs sont fanés, mais il reste les traces d'une flore qui contraste avec les falaises et fronts de glace inhospitaliers qui forment le fond du fjord. Ce n'est certainement pas un hasard si les hommes s'y sont installés. Les 4 familles qui habitent le minuscule village de Qeqertat préfèrent le calme et la nature à l'effervescence de la 'ville'. Tout est relatif; Qaanaaq, la 'ville' à 70km à l'W, ne compte que 600 habitants...


Extrait de la carte de navigation de la région. (© Kort & Matrikelstyrelsen, Miljoministeriet, Danmark)

C'est peut être ici que nous élirons domicile pour l'hiver. En dehors de l'absence d'un réseau permettant une communication aisée, toutes les qualités essentielles y sont réunies, à commencer par un mouillage qui semble sûr sans être encaissé. Et malgré la barrière du langage, le premier contact avec les habitants du village est chaleureux.


Nanuq au mouillage à Harward Oer, peut être notre mouillage d'hiver. Le village de Qeqertat vu de l'W (photos Kalle Schmidt)

A présent, nous redescendons sur Qaanaaq. Une fois de plus, nous mouillons notre ancre dans les eaux rouges de Kangerdharssuk, abrité du vent du S qui souffle en rafales de 30 noeuds. L'été est terminé. Tels des oiseau migrateurs suivant les saisons, il est temps pour certains de partir. Le petit bimoteur ne vole qu'une seule fois par semaine et ne se pose que le temps de décharger le fret. Restera un équipage de trois et de belles aventures en perspective!

Mouillages:

ATTENTION : la navigation à l'E de Qaanaaq nécessite une autorisation. Se renseigner à la Mairie. Il est également utile de se renseigner auprès des chasseurs locaux pour éviter toute interférence avec leurs activités.

Kangerdharssuk 77°33'N 68°35'W : mouiller par 15m fond de sable et limon de bonne tenue dans l'anse formée au S du delta d'alluvions. Le rayon d'évitage est juste suffisant devant le seuil découvrant à basse mer qui borde la cote sur 20-40m (rochers). Ouvert du N à l'E. Lors de coups de vent du SE de la glace s'accumule dans la baie. Dans ce cas un mouillage d'attente se trouve sur la côte opposée du fjord, au pied de la falaise qui borde le S du delta - fonds raides, mais de benne tenue. Endroit riche en végétation. Quelques cabanes utilisées par des chasseurs, restes de village désaffecté. Accès facile à la calotte glaciaire de Piulip Nunaa. Cadre alpin.

Harward Oer 77°29.5'N 66°29.3'W : mouillage à 2.5 milles à l'E du village de Qeqertat. Fonds de bonne tenue. Protégé de la glace et de la mer en toute direction, mais protection du vent faible en raison du relief doux. La traversée de la baie qui sépare le N du S de l'île se fait en restant dans l'axe: fonds de 15 à 45m. Pour la passe d'entrée W: contourner par le S les ilots (77°29N 66°42W) près du village de Qeqertat. Accès au mouillage par le N. Promenade de 45' vers le point culminant de l'archipel (nombreux éboulis, petits lacs d'eau douce).

Harward Oer 77°30.4'N 66°24.6'W : excellent mouillage dans une baie fermée à 4M à l'E du village de Qeqertat. Fonds au choix entre 8 et 25m de très bonne tenue (sable et limon). La meilleure protection des vents du S se trouve dans le S de la baie, juste à l'W de la passe d'entrée (mouiller par 15m de fonds et porter 2 aussières à terre). Sur tout le pourtour se trouve un plateau découvrant à BM bordé de rochers à 20-50m de la cote. Attention: donner un large tour aux rochers découvrant à basse mer à 50m au SW de la passe d'entrée. Environnement doux et végétal. Promenade de 15' vers l'E à un point culminant qui domine le vaste fond du fjord.

Info:

Communication dans la région sur VHF canal 10. Pas de relais VHF avec Asiaat Radio.


 
 
 

 

peter.gallinelli & all - décembre 2015